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Ancienne référence à la cartomancie en Espagne

Sur le blog de Mary Greer se trouve une compilation assez bien tenue de références à l’utilisation de cartes dans la divination.
Si le sujet dépasse la tarotologie exclusivement, englobant toutes sortes de cartes à jouer, à deviner, à apprendre, aux enseignes françaises, allemandes ou espagnoles, l’usage cartomantique a forcément quelque rapport aux Tarots depuis Court de Gébelin. On se permettra donc d’ici en causer !

Ainsi que le signale R.Caldwell – qui publia quelques trouvailles extraordinaires sur ce même thème – l’Espagne est une source importante en quantité de références (rares toutefois) à la pratique cartomantique avant le 18e siècle.
On peut y trouver d’autres allusions pas encore énumérées par madame Greer, ainsi, dans « Figure du Jeu » de Jean-Pierre Etienvre (source de Ross Caldwell), ce dernier signale – outre les documents de l’inquisition – cet extrait de « El Lindo Don Diego » de Agustín Moreto (1618-1669) en 1654 :

Fui a echar los naipes
porque Don Diego te deje,
y, según las cartas salen,
o mentirá el rey de bastos,
o no ha de querer casarse
très approximative traduction :
Je suis allée demander aux cartes
pourquoi te quitterais-je, Don Diego,
et d’après les cartes sorties,
ou le roi de batons mentira,
ou on ne doit pas désirer se marier

exemple repris – en espagnol – dans « Márgenes Literarios del Juego » du même auteur en 1990, où il ne manque pas au passage d’égratigner cette pratique dans son incarnation contemporaine : « uno de los refugios más baratos de la angustia cotidiana » (l’un des refuges les plus bon marchés de l’angoisse quotidienne), « Es un juego triste, y una adivinación chapucera » (c’est un jeu triste et une divination baclée). Dans ce dernier ouvrage Jean-Pierre Etienvre signale également que l’usage cartomantique « semble avoir eu des adeptes déjà en 1480 » (« cartomancia… que parece haber tenido adeptos ya en 1480 »). La date étant proche de la référence proposée par Ross Caldwell (Fernando de la Torre vers 1450), cité plus haut, on peut supposer qu’il s’agit de la même occurence.

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