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Tarot : le dessous des cartes

Un documentaire sur le tarot sur une chaîne nationale ?
Oui c’est arrivé  mercredi 13 juin sur France 3 Île-de-France (d’accord pour être exact c’est une chaîne régionale).
On a le plaisir d’y voir beaucoup trop vite l’excellent Thierry Depaulis (à 4 minutes 15 environ) apporter une (trop légère) touche de bon sens. On aurait aimé y voir beaucoup plus Thierry Depaulis (qui y est tout de même assez présent) et moins de « people » (présentés en tant que témoins-clients) – un peu moins aussi les « hypothèses » fumeuses sur l’origine des Tarots ou alors avec un peu plus de bémols.
Un documentaire vraiment pas si mal réalisé qui a le mérite d’exister et de présenter essentiellement un certain aspect sociologique des pratiques de cartomancie aujourd’hui avec des points de vues variés – même si les classiques écueils communs n’ont pas été évités (ou ne sont pas systématiquement nuancés) et que les tarots historiques y sont un peu éludés au profit de créations plus récentes (notamment les illustrations des plans de coupes), le bilan est extrêmement positif.
Plusieurs professionnels de la cartomancie s’y expriment avec moins de forfanterie et plus de pudeur que les clichés habituels sur les devineresses et devins habituellement mis en scène à la télévision.
Cinquante-deux minutes sur le tarot, c’est tout de même assez rare pour mériter le coup d’œil !

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Tarology : les po(i)ëtiques du Tarot avec Enrique Enriquez

Un documentaire à ne rater sous aucun prétexte sur le Tarot à travers le regard et les mots d’Enrique Enriquez : Tarology, réalisé par Chris DeLeo et Kimberley NaughTon.

Même sans être initié à la langue de Shakespeare on pourra comprendre l’intérêt de la transmission d’E.E. à travers cette bande annonce tout à fait réussie. Le DVD est proposé à l’achat immédiat pour une cinquantaine de dollars américains, il sera disponible dès le 1er juin mais les acheteurs qui l’auront précommandé n’auront pas de frais de port à payer.

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Description de cartomancie en 1738

Dans les « Lettres Badines et Sérieuses…, Lettres sur la Hollande et les Hollandois » d’Antoine de la Barre de Beaumarchais, on trouve en 1738 une description assez précise d’une séance de consultation de cartomancie en Hollande :

non que l’auteur soit favorable, la page précédente condamnait tout autant les superstitieuses Dames qui se faisaient tromper par « des femmes sans éducation et sans esprit« .
On regrette évidemment que M. de la Barre de Beaumarchais ait omis de nous décrire les cartes utilisées dans cette pratique !

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de Molière et de la numérologie des tarots

Les références aux Tarots sont, on le sait, plutôt rares dans la littérature française avant la révolution, en particulier au XVIIe siècle, alors que le jeu était vraisemblablement largement produit à Paris et encore répandu au moins dans la première moitié du grand siècle.
Dans Le Tarot, histoire, iconographie, ésotérisme de Gérard Van Rijnberk (Paul Derain, Lyon, 1947), cite Molière page 237 :

le nombre de huit est le nombre de la justice,

Quoi ? Le fameux dramaturge ferait référence à nos chères cartes et cela aurait échappé au radar des diligents chercheurs qui s’affairent sur le sujet ? Que nenni ! Si G. Van Rijnberk rappelle la phrase de Molière ce n’est pas dans la partie historique de son traité, mais bien dans l’étude ésotérique : il s’agit donc du croisement des références symbolique, ici celle du nombre 8 et non de la carte du Tarot qui porte … le même numéro.

Reste que le lecteur peu versé dans la dramaturgie – à l’instar de votre serviteur – voudra sans doute vérifier par lui-même le contexte de cette troublante citation. Il la trouvera dans La Jalousie du Barbouillé, farce en un acte, précisément dans un passage tout de parodie aristotelo-pythagoricienne qui voit le personnage du Docteur énumérer les nombres de un à 10. La tirade qui nous concerne est in extenso :

7° Parce que le nombre de sept est le nombre de la félicité; et comme je possède une parfaite connaissance de tout ce qui peut rendre heureux, et que je le suis en effet par mes talents, je me sens obligé de dire de moi-même: O ter quatuorque beatum!8° Parce que le nombre de huit est le nombre de la justice, à cause de l’égalité qui se rencontre en lui, et que la justice et la prudence avec laquelle je mesure et pèse toutes mes actions me rendent huit fois docteur.9° parce qu’il y a neuf muses, et que je suis également chéri d’elles.10° parce que, comme on ne peut passer le nombre de dix sans faire une répétition des autres nombres, et qu’il est le nombre universel, aussi, aussi, quand on m’a trouvé, on a trouvé le docteur universel: je contiens en moi tous les autres docteurs. Ainsi tu vois par des raisons plausibles, vraies, démonstratives et convaincantes, que je suis une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, et dix fois docteur.

 Point de tarocs dans cette œuvre, sinon la concordance relevée par Rijnberk.


English version

Références to tarot are, as it is know, pretty scarce in french litterature before the revolution, specifically in the 17th century, while the game was probably quite popular and still produced in Paris, at least the first (big) half of the « grand siècle ».
In his book Le Tarot, histoire, iconographie, ésotérisme, Gérard Van Rijnberk (Paul Derain, Lyon, 1947), quotes Molière, page 237 :

le nombre de huit est le nombre de la justice, (number eight is the number of the justice)

What ? The famous dramaturgist would cite our dear cards and this would have passed under the searchers accurate radar ? Not at all ! If  G. Van Rijnberk quotes Molière’s sentence it is not in the historical part of his treatise, but in the esoteric study : so we’re dealing here with crossed references, here the numerologic value of 8 and not the trump bearing the same number, « JVSTICE ».

Still the ill-litterated reader – as I am – will want to check the context of this troubling quotation. He’ll find it in La Jalousie du Barbouillé, a farce in one act, precisely in a moment which parodise the aristotelo-pythagorician thoughts, where a Doctor enumerates number from 1 to 10. In extenso, the text is as follow (I’ll oblige my english speaking reader by not translating it, which would be an insult both to the author and to my reader) :

7° Parce que le nombre de sept est le nombre de la félicité; et comme je possède une parfaite connaissance de tout ce qui peut rendre heureux, et que je le suis en effet par mes talents, je me sens obligé de dire de moi-même: O ter quatuorque beatum!8° Parce que le nombre de huit est le nombre de la justice, à cause de l’égalité qui se rencontre en lui, et que la justice et la prudence avec laquelle je mesure et pèse toutes mes actions me rendent huit fois docteur.9° parce qu’il y a neuf muses, et que je suis également chéri d’elles.10° parce que, comme on ne peut passer le nombre de dix sans faire une répétition des autres nombres, et qu’il est le nombre universel, aussi, aussi, quand on m’a trouvé, on a trouvé le docteur universel: je contiens en moi tous les autres docteurs. Ainsi tu vois par des raisons plausibles, vraies, démonstratives et convaincantes, que je suis une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, et dix fois docteur.

 No tarot here, except the coincidence Rijnberk perspicacely noted.

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Parallèle iconographique Libro del juego de las suertes 1528, naipes & Tarots

En fouinant dans la version numérisé de quelque prestigieuse ibère bibliothèque (la Nacional de España), on peut tomber sur l’étonnant ouvrage de Lorenzo Spirito, « Libro del juego de las suertes« , c’est à dire la version espagnole de 1528 du Libro del Sorte ou Libro delle Sorti de Lorenzo Spirito Gualtieri, l’un des premiers Best-Sellers de l’histoire du livre (ce qui ne l’empêcha pas plus tard d’être mis à l’index).


Les chercheurs assidus du forum tarot history ont discuté récemment de la version originale dont la plus ancienne édition (conservée dans la bibliothèque de la ville d’Ulm) remonte à 1482. Je vous renvoie notamment aux discussions du forum Tarot History, mais surtout au catalogue en ligne de l’exposition La Règle du Jeu – bibliothèque Sainte Geneviève, qui en présente une version française et nous décrit et explique le principe d’utilisation de ce livre d’oracle :

Lorenzo Gualtieri, dit Lorenzo SpiritoLe Passetemps de la fortune des dez, ingenieusement compilé par maistre Laurens l’Esprit… – Paris : C. Sevestre, [1532 ?]. – In-4.
[4 V 805 inv 1833 Rés]
Le Libro delle sorti de Lorenzo Spirito (1482) est le plus célèbre des livres d’oracles. Son titre français, Le Passetemps de la fortune des dez, entend dès 1528 écarter tout soupçon de sorcellerie. On conserve jusqu’au XVIIe siècle quarante-deux éditions de ce petit ouvrage : la condamnation de ce  » mauldict livre » comme « peste tresdangereuse [sic] » dans la bouche de Pantagruel (1546) n’en aura donc pas entaché le succès. L’usage intensif qui en était fait explique le peu d’exemplaires qui nous soient parvenus. L’opuscule, à l’aide de trois dés et de parcours complexes au fil des pages, fait répondre de grands personnages bibliques tels David, Ezéchiel, Abraham ou Moïse à « vingt questions par plusieurs coustumièrement faites »: « Si l’amant est aimé de sa dame, si femme doit avoir fils ou fille, si on doit vaincre et gaigner en une guerre, si… ». Les questions sont réparties autour d’une roue de fortune ; au fil des jets de dés, vingt rois guident le questionneur dans les méandres de l’ouvrage, vers cinquante-six tercets servant de réponses.

L’édition espagnole dont on parle ici présente deux détails distinctifs qui en font un objet d’intérêt pour les amateurs de cartes et Tarot.
Premier détail, pas le plus passionant, par rapport à la roue de Fortune de la version italienne, la Fortune justement a disparu du centre de la roue, telle celle qu’on trouve dans nos Tarots – mais aussi ailleurs :

Deuxième détail, plus frappant, dans la représentation des Rois (quatre par page sur cinq pages) de l’édition espagnole. Ils n’y sont pas cadrés sur la taille – qu’on appellerait même aujourd’hui « plan américain » – comme dans l’édition italienne de 1482 :

plus ancienne édition du Libro delle Sorti de 1482
© stadt bibliothek Ulm

ni portrait cadrés en portraits sur le buste comme dans la version française de 1532 :
Le Passetemps de la fortune des dez,
ingenieusement compilé par maistre Laurens l’Esprit
de 1532
©Bibliothèque Sainte-Geneviève

mais en pied, sur leurs trônes, comme… dans les cartes et Tarots :


©Biblioteca Nacional de España

Autre parallèle étonnant avec nos Tarots : on retrouve dans les deux premiers groupes de quatre Rois deux jeunes glabres et deux plus âgés barbus. Le format des gravures et les postures ne manquent pas de nous rappeler les dessins d’anciennes cartes  et de nos Tarots, ce qui va tout à fait dans le sens d’une des trouvailles exposée par Charly Alverda dans Trois figures hiéroglyphiques : les liens entre imprimeurs et cartiers (cf. le passage sur les Plaisants Devis des seigneurs de la coquille).
Pour ce qui est des cartes on se rappelera par exemple d’Infirrera au motif dit « portugais » :

cartes d’Infirrera ©Andy Pollett
Et bien sûr dans deux grands classiques de nos Tarots, les Rois du Tarot de Jacques Viéville :
Tarot de Viéville circa 1650 ©BNF
et ceux du Tarot de Dodal :
Tarot de Jean Dodal, début XVIIe ©BNF
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L’Art de tirer les cartes de J.Méry et un certain « Tarot Italien » de Besançon fait à Paris

 « L’Art de tirer les cartes » est un de ces manuels de cartomancie de la  première moitié du XXe siècle. L’une de ses couvertures est reproduite ci-contre, une plus ancienne l’est ci-dessous.


Si son titre n’est pas d’une originalité fulgurante ( Almanach de la bonne aventure, contenant l’art de tirer les cartesAlmanach du présent et de l’avenir : les songes expliqués, suivis de l’art de tirer les cartes et de prédictions pour chaque mois par Cibilia, Almanach-manuel de l’art de tirer les cartes : ou révélations complètes sur les destinées…  par Johannès Trismégiste,  L’Art de tirer les cartes françaises, suivi de l’Explication du Livre de Thet, ou Jeu de la princesse Tarot… par Johannès Trismégiste encore,  L’Art de tirer les cartes, ou le Moyen de lire dans l’avenir par le rapprochement des évènemens qui démontrent sans réplique l’art chronomancique « Traduit d’un manuscrit arabe », La Cartomancie ancienne et nouvelle, ou Traité complet de l’art de tirer les cartes égyptiennes ou françaises, tarots, etc.,… « recueilli et mis en ordre par Halbert (d’Angers) », La Cartomancie complète ou l’Art de tirer les cartes  donnant la manière infaillible de connaître le passé, le présent et l’avenir,… d’après les plus célèbres nécromanciens(sic) tels que le Grand Etteila, terminé par les oracles d’une Sybille de la Chaussée d’Antin…, on trouve une trentaine d’occurences de l’expression dans le catalogue de la Bibliothèque Nationale pour les XVIIIe et XIXe siècles, beaucoup signées de ou faisant référence à Etteilla)  on peut lui reconnaître un choix plus synthétique que la plupart de ses collègues, le titre complet étant « L’art de tirer les cartes, méthodes modernes d’après les Maîtres de la cartomancie ». L’édition dont la couverture est ici présentée est daté de 1940, mais la première édition – comme en témoigne l’exemplaire (manquant) à la BNF – semble être de 1925.

la couverture d’une édition
de 1936 du même ouvrage, 
qui impose aussi une certaine
ambiance !

Quel est donc l’intérêt de cet ouvrage de J.Méry ? Ce n’est certes pas son exactitude historique : l’ouvrage démarre plutôt mal de ce côté là avec la phrase « Les Égyptiens ont inventé le Tarot pour prédire l’avenir « . Il enfonce le clou page 111 avec une transmission « jusqu’au XIIe siècle par les Templiers, et jusqu’au XVIIe siècle par les Rose-Croix« , cette dernière affirmation – contrairement aux précédentes – correspondant au moins à l’existence des cartes à jouer !

Ce n’est pas non plus le cœur du texte sur la cartomancie avec le jeu standard – 54, 36 et 32 cartes – ni sa rapide explication de différentes réussites qui sont du plus grand intérêt en ces pages ; notons en passant que ce dernier aspect – les réussites – est développé dans de nombreux ouvrages de cartomancie, mais qu’on trouve aussi dans beaucoup d’entre eux – par exemple dans « Les cartes et les Tarots méthode des Maîtres de la cartomancie » de Thylbus, Dangles, Paris, 1952 – des descriptions de tours d’illusionistes (disons le B-A-BA des tours d’illusionistes, comptage de cartes ou autres manipulations très faciles) ; Méry s’abstient de rentrer sur ce terrain de l’illusionisme.

Ce ne sont pas enfin les belles couvertures assez radicales qui ornent les différentes éditions du livre – les auteurs cartomanciens de nos jours font à la fois preuve de beaucoup moins de goûts avec leurs couleurs souvent criardes et de beaucoup moins d’audace en se contentant la plupart dutemps de reproduction de cartes.

Un point très intéressant par contre, c’est le Tarot que Méry présente comme ayant « conservé le plus fidèlement la tradition » est le Tarot Italien, qui serait le Tarot de prédilection pour les cartomanciennes à son époque (circa 1925 donc).

Autre particularité de Méry, c’est qu’il détaille toutes les cartes du Tarot avec leurs reproductions ; outre que cela nous permet de l’identifier avec certitude par de nombreux détails, on remarquera que Méry expose les 78 cartes du Tarot sans être entièrement coincé dans le carcan imposé par Etteilla – dont l’influence se fait néanmoins sentir – et en tentant une lecture symbolique – assez superficielle.
Ce Tarot Italien était l’appellation donné à un Tarot de Besançon basé sur le Tarot de Conver, avec Junon et Jupiter à la place de Pape et Papesse. C’est un Tarot que l’on doit à la maison parisienne Arnoult (1824-1864) (cf image ci-dessous), succédé par Maurin qui garde le nom pour être reprise par Lequart (1872-1891) et finalement rachetée par Grimaud. On peut trouver ces détails dans l’ouvrage deThierry Depaulis, Cartiers parisiens du XIXe siècle, Cymbalum Mundi, Paris, 1998, à consulter également pour l’explication de la création de la date « publicitaire » de 1748 conservée par Grimaud et sur laquelle on reviendra peut-être.
deux de deniers en similigravure dans l’ouvrage de Méry à gauche
et photographie de la carte d’Arnoult à droite
Tarot Italien par son nom commercial, mais bien Tarot de Besançon par son motif (comme d’habitude pour presque tout ce qui touche aux Tarots le nom est trompeur puisque le motif dit « de Besançon » vient d’Alsace – cf. une fois de plus T.Depaulis dans Tarots, jeu et magie, BNF, 1984).
Dans les classements des motifs de Tarots, les Tarots de Besançon relèvent plutôt du motif dit « Tarot deMarseille 1 », motif vraisemblablement plus ancien dont l’exemple type le plus connu est celui de Jean Dodal. Le motif dit « Tarot de Marseille 2 » réputé plus tardif est incarné par l’exemple du Tarot de Conver. Dans le cas de notre Tarot Italien, à part les deux caractéristiques détaillées ci-dessous, on a un cas particulier (mais pas unique) de Tarot de Besançon avec un motif de « Tarot de Marseille 2 » – logique puisqu’il s’agit vraisemblablement d’une copie du Tarot de Conver.
La principale caractéristique du Tarot de Besançon c’est bien sûr comme on le sait le remplacement de la figure de la Papesse (II dans la série des atouts) par Junon, où la « tradition ancestrale » évoquée par Méry en prend un coup puisque celle du Tarot de Besançon démarre au XVIIIe siècle :
et du Pape (V) relevé par Jupiter :
On sait que le Tarot dit « Ancien Tarot de Marseille » de Paul Marteau a été décliné du Tarot d’Arnoult, avec le rétablissement de la Papesse et du Pape (il existe je crois des exemplaires du Tarot d’Arnoult avec ces deux figures plus canoniques mais ma mémoire me faisant défaut au moment où j’écris ces lignes, je me garde d’être trop affirmatif et invite le lecteur à vérifier, et à me communiquer des références dans les commentaires). D’autres détails plus discrets ont été modifiés, ainsi dans la version de Paul Marteau, une certaine virilité a été rendue au Diable (XV) qui était très pudique dans le Tarot d’Arnoult :

À ce sujet on visitera avec intérêt le Musée de la carte à jouer d’Issy-les-Moulineaux, où est exposé sous le numéro 38 une pierre lithographique du Tarot de Paul Marteau à côté d’un exemplaire du Tarot Italien d’Arnoult version Grimaud – référencé (par erreur je suppose) comme « Ancien Tarot de Marseille » sous le numéro 39. Détail amusant : le Pendu (XII) est à l’envers sur la pierre lithographique, contrairement à sa position normale (le nombre en haut) dans le moule original de Conver (voir ici par exemple).

Pour conclure ce trop long exposé du livre de J.Méry, une fois de plus on remarquera combien le Tarot peut être trompeur, et on pardonnera donc à Méry ses erreurs, lui qui pensait manipuler un Tarot Italien, quand il s’agissait d’un Tarot de Besançon, donc paradoxalement originellement alsacien, fabriqué à Paris.

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Ancienne référence à la cartomancie en Espagne

Sur le blog de Mary Greer se trouve une compilation assez bien tenue de références à l’utilisation de cartes dans la divination.
Si le sujet dépasse la tarotologie exclusivement, englobant toutes sortes de cartes à jouer, à deviner, à apprendre, aux enseignes françaises, allemandes ou espagnoles, l’usage cartomantique a forcément quelque rapport aux Tarots depuis Court de Gébelin. On se permettra donc d’ici en causer !

Ainsi que le signale R.Caldwell – qui publia quelques trouvailles extraordinaires sur ce même thème – l’Espagne est une source importante en quantité de références (rares toutefois) à la pratique cartomantique avant le 18e siècle.
On peut y trouver d’autres allusions pas encore énumérées par madame Greer, ainsi, dans « Figure du Jeu » de Jean-Pierre Etienvre (source de Ross Caldwell), ce dernier signale – outre les documents de l’inquisition – cet extrait de « El Lindo Don Diego » de Agustín Moreto (1618-1669) en 1654 :

Fui a echar los naipes
porque Don Diego te deje,
y, según las cartas salen,
o mentirá el rey de bastos,
o no ha de querer casarse
très approximative traduction :
Je suis allée demander aux cartes
pourquoi te quitterais-je, Don Diego,
et d’après les cartes sorties,
ou le roi de batons mentira,
ou on ne doit pas désirer se marier

exemple repris – en espagnol – dans « Márgenes Literarios del Juego » du même auteur en 1990, où il ne manque pas au passage d’égratigner cette pratique dans son incarnation contemporaine : « uno de los refugios más baratos de la angustia cotidiana » (l’un des refuges les plus bon marchés de l’angoisse quotidienne), « Es un juego triste, y una adivinación chapucera » (c’est un jeu triste et une divination baclée). Dans ce dernier ouvrage Jean-Pierre Etienvre signale également que l’usage cartomantique « semble avoir eu des adeptes déjà en 1480 » (« cartomancia… que parece haber tenido adeptos ya en 1480 »). La date étant proche de la référence proposée par Ross Caldwell (Fernando de la Torre vers 1450), cité plus haut, on peut supposer qu’il s’agit de la même occurence.

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Tchalaï

Les livres circulent, c’est heureux, et parfois on rencontre un peu plus que ce qu’on attend. Ainsi empruntant Le Tarot, jeu du gouvernement du Monde de Tchalaï Unger que je m’étais promis de lire depuis un moment, je tombai sur cette dédicace perdue et inattendue dans un rayon de bibliothèque publique.
Pour ceux qui ne connaitraient pas l’inévitable Tchalaï Unger, Laurent-Edouard l’évoque dans ces deux articles, les autres auront reconnu le nom de l’auteur du livret qui à partir de 1980 accompagnait l’ Ancien Tarot de Marseille de Grimaud, intitulé Le Tarot, pourquoi, comment, jusqu’où ?
La vue de la signature de Tchalaï rappellera, je l’espère, d’heureux souvenirs à ceux qui l’ont cotoyée et connue.

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références vers quelques ressources en ligne…

Sermones de Ludo Cum Aliis c/ 1470 (?) en anglais sur tarotpedia en latin sur tarock.info
Marolles par T.Depaulis (1637 ou 1655 ?) dans le fascicule qui accompagne l’édition fac similé du tarot de Jacques Viéville, Le Héron 1984 – et également sur tarock.info
le plaisant iev de cartes de tarot sur tarock.info 1659
court de gébelin sur tarock.info  sur google books 1781
Wikipédia : Tarot de Marseille Tarot Cartomancie